Convention collective Nationale des commerces de détails des fruits et légumes,épicerie, produits laitiers DU 15 AVRIL 1988
Entre,
La Fédération Nationale des Détaillants en Produits Laitiers (FNDPL)
La Fédération Nationale de l’Épicerie (FNDE)
L’Union Nationale des Syndicats de Détaillants en Fruits, Légumes et Primeurs (UNFD)
D’une part,
Et
La Fédération des Services CFDT
La Fédération des syndicats CFTC, Commerce, Services et Force de vente
La Fédération Générale des Travailleurs de l’Agriculture, de l’Alimentation, des Tabacs et Activités Annexes FO
La Fédération Nationale Agro-alimentaire CFE-CGC
La Fédération CGT Commerce, Distribution et Services
D’autre part,
PREAMBULE
Les Partenaires Sociaux souhaitent réaffirmer leur attachement marqué au principe fondamental de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Dans le prolongement de la loi du 9 mai 2001 relative à l’égalité professionnelle entre les Hommes et les Femmes et de l’accord National interprofessionnel du 1er mars 2004 relatif à la mixité et à l’égalité professionnelle entre les Hommes et les Femmes et de la loi du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, les Partenaires sociaux de la Convention Collective Nationale des Commerces de détail des fruits et légumes, épicerie et produits laitiers affirment que la mixité dans les emplois des différents métiers et catégories professionnelles est un facteur d’enrichissement collectif, de cohésion sociale et d’efficacité économique.
Dans ce cadre, ils entendent garantir l’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes dans tous les domaines.
Les Partenaires sociaux conviennent par le présent accord, conclu dans le cadre de l’article L. 2241-3 du Code du travail, de définir les principes et de mettre en œuvre les dispositions visant à améliorer l’égalité de chance et de traitement tout au long de la vie professionnelle ainsi que d’inciter les entreprises, notamment par les financements mutualisés de la formation professionnelle continue, à engager vraiment des politiques actives en ce domaine.
A cet égard, ils tiennent à rappeler que les principes d’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes et d’égalité de traitement entre les salariés sont inscrits dans la Convention Collective Nationale des Commerces de détail des fruits et légumes, épicerie et produits laitiers chaque année, au moment de chaque négociation sur les salaires, et ce, depuis l’avenant n°1 du 9 mai 1988, étendu le 25 juin 1988.
Les Partenaires Sociaux considèrent que l’ensemble des acteurs de la Branche, entreprises et salariés, doivent se mobiliser ou rester mobilisés afin d’une part, de porter les principes de l’égalité entre les femmes et les hommes et d’autre part, d’engager à tous les niveaux de l’entreprise les actions positives et actives indispensables à leur respect et leur mise en œuvre.
En effet, l’engagement permanent du chef d’entreprise, en premier lieu, mais également de l’ensemble des salariés est un élément déterminant de l’efficacité et de la réussite de telles actions.
Les Partenaires Sociaux considèrent éalement que le présent accord collectif constitue une réelle occasion et opportunité de dialogue sur le thème de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les entreprises, notamment via les représentants du personnel lorsqu’ils sont présents.
Avant de procéder à la négociation du présent accord, les parties signataires, à l’issue d’un diagnostic partagé de la situation comparée entre les femmes et les hommes dans la Branche pour les années 2008 et 2009, ont fait les constats suivants :
Les Femmes représentent 57% des salariés de la Branche,
Les Femmes sont plus représentées, par rapport aux Hommes, dans la catégorie des employés que dans les catégories des agents de maîtrise et des cadres,
L’âge moyen des salariés de la Branche est de 38,5 ans,
Forts de ces constats, les Partenaires sociaux entendent adopter, par le présent accord, les dispositions suivantes visant à réduire et faire disparaître toutes les différences qui pourraient être constatées en agissant sur l’accès et le maintien dans l’emploi notamment par le recrutement et la formation professionnelle, la promotion et l’évolution professionnelles, la prise en compte de la vie familiale.
Il est rappelé que la Loi et la Jurisprudence disposent que les femmes bénéficient, dans les mêmes conditions que les hommes, des promotions sans que les absences pour maternité ou adoption y fassent obstacle ou les ralentissent.
Les Partenaires Sociaux souhaitent que les entreprises de la Branche s’engagent à assurer une garantie d’évolution des hommes et des femmes occupant des emplois identiques et disposant d’une expérience similaire.
Ils considèrent que les entretiens individuels mis en œuvre au sein des entreprises doivent constituer l’outil privilégié pour permettre une analyse en ce sens.
La mise en œuvre des entretiens professionnels individuels et des bilans de compétences doit être de nature à rendre possible une évolution professionnelle fondée exclusivement sur les compétences et aptitudes professionnelles des salariés, indépendamment de leur sexe.
Les entreprises veilleront à ce que les critères d’évaluation ne soient pas source de discrimination.
Comme en matière de recrutement, les Partenaires sociaux demandent aux entreprises de veiller constamment à ce que les critères utilisés dans les définitions de postes ouverts à la mobilité interne ne soient pas de nature à entraîner une discrimination fondée sur le sexe.
Les femmes et les hommes doivent pouvoir bénéficier d’une affectation sans discrimination. Pour cela, la définition du contenu des tâches attribuées et de l’organisation du travail ne doit pas conduire à une discrimination de fait.
Il est rappelé que les femmes et les hommes doivent pouvoir accéder à tous les emplois quel qu’en soit le niveau de responsabilité.
De la même façon, les Partenaires Sociaux doivent s’assurer en permanence que les intitulés, la description des emplois et des métiers dans la Classification des Emplois de la Branche ne conduisent pas à une discrimination sexuée.
Enfin, les Partenaires sociaux demandent aux entreprises de faire en sorte que les aménagements d’horaire et du temps de travail en général puissent permettre aux femmes et aux hommes d’évoluer sans obstacle dans leur vie professionnelle tout en leur permettant de concilier leur vie familiale.
1 – Situation de la salariée en état de grossesse
Les Partenaires sociaux demandent aux entreprises de la Branche de veiller à adapter les conditions de travail des salariées enceintes en limitant, par exemple, le port de charges lourdes, une station debout prolongée…
Ils rappellent que conformément à l’article L. 1225-16 du Code du Travail, l’absence constatée d’une salariée enceinte pour se rendre aux examens médicaux obligatoires doit être rémunérée et considérée comme du temps de travail effectif.
Si un changement provisoire d’affectation lié à l’état de grossesse, demandé par la salariée et validé par le médecin du travail s’avère nécessaire, il donne lieu au maintien de la qualification antérieure ainsi que des droits afférents à cette qualification et ce, jusqu’au retour à l’emploi initial.
Les salariées en état de grossesse ont la faculté de demander à bénéficier d’un temps partiel jusqu’à leur congé maternité.
2 - Situation du salarié durant le congé maternité - d’adoption ou le congé parental
Les Partenaires sociaux rappellent que les absences résultant d’un congé maternité ou d’adoption ne doivent pas avoir d’incidence sur les évolutions professionnelles et salariales.
Ainsi, lorsqu’une personne en congé de maternité – d’adoption ou en congé parental est comprise dans le champ d’application d’une augmentation générale des rémunérations, cette mesure s’applique à elle à la même échéance et dans les mêmes conditions qu’aux autres salariés concernés par la mesure considérée.
Les Partenaires sociaux rappellent que les périodes de congé de maternité, de paternité et d’adoption sont considérées comme périodes de travail pour la détermination de la durée des congés payés.
Les périodes d’absence pour congé de maternité, d’adoption, de présence parentale, de soutien familial ou pour un congé parental sont intégralement prises en compte dans le calcul des droits ouverts au titre du droit individuel à la formation.
Les Partenaires sociaux attirent l’attention des entreprises sur le fait que les périodes pendant lesquelles le contrat a été suspendu dans le cadre d’un congé de maternité – d’adoption ou de congé parental, sont prises en compte dans la détermination des droits liés à l’ancienneté.
A l’issue des congés de maternité - d’adoption ou du congé parental, les salariés retrouvent leur précédent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération équivalente.
3 - Retour dans l’entreprise à l’issue d’un congé maternité – d’adoption – congé parental
Les Partenaires sociaux affirment la nécessité de préserver le lien professionnel des salariés avec l’entreprise durant le congé de maternité - d’adoption ou le congé parental.
Afin de garantir ce lien, les Partenaires sociaux demandent aux entreprises de rechercher, dans le cadre de leur fonctionnement interne et spécifique, tous les moyens et modalités pratiques permettant de maintenir ce lien professionnel avec le salarié durant son congé, dans le respect de sa vie privée, tels que, par exemple, l’envoi des informations générales relatives à la vie et au fonctionnement de l’entreprise adressées à l’ensemble des salariés.
A leur retour dans l’entreprise à l’issue d’un congé maternité – d’adoption ou d’un congé parental, les salariés ont droit à un entretien individuel.
Cet entretien pourra avoir lieu :
- soit préalablement à la reprise d’activité, si le ou la salariée le demande,
- soit après la reprise effective de l’activité,
Cet entretien doit permettre, notamment en cas de changement technique, de méthode de travail intervenus dans l’entreprise durant l’absence du salarié, de déterminer ses besoins en formation et à lui proposer, si besoin était, un bilan de compétences ou toute action de formation.
Le présent accord peut être révisé par avenant conclu par les Partenaires sociaux ou une partie d'entre eux conformément aux dispositions légales. Une demande de révision du présent accord peut être effectuée par l'une quelconque des parties contractantes.
La demande de révision devra être portée à la connaissance des parties contractantes, par lettre recommandée avec avis de réception.
La demande de révision de l'accord devra être accompagnée d'une lettre de notification d'un nouveau projet d'accord sur les points sujets à révision. Les discussions devront commencer dans un délai de 3 mois suivant la lettre de notification.
Le présent accord restera en vigueur jusqu'à l'application du nouvel accord signé à la suite d'une demande de révision.
Aucune demande de révision ne pourra être introduite dans les 12 mois suivant l’entrée en vigueur de la dernière révision, sauf en cas de modification législative ou réglementaire.
Le présent accord sera déposé à la Direction des Relations de travail et au greffe du Conseil de Prud’hommes.
Il prend effet à compter de la date de sa signature. Les parties signataires ont convenu de demander, sans délai, son extension.
L’Union Nationale des Syndicats de Détaillants en Fruits, légumes et Primeurs est chargée des formalités nécessaires.
Fait à Paris, le 9 juillet 2010
SIGNATAIRES
| La Fédération National de l'épicerie (FNDE) 5 rue des Reculettes - 75013 Paris Claude BOISSEAU
| La Fédération des services CFDT 14 rue Scandicci Tour Essor - 93508 Pantin Mireillle MUNOZ
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| La Fédération National des Détaillants en Produits Laitiers (FNDPL) 5 rue des Reculettes - 75013 Paris Claude BELLOT | La Fédération des Syndicats CFTC-CSFV 251 rue du Fg Saint Martin - 75010 Paris Joël CHIARONI
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| L'Union National des Syndicats de Détaillants en Fruits, Légumes et Primeurs (UNFD) 5 rue des Reculettes - 75013 Paris Francis VAN DER ELST | La Fédération Générale des Travailleurs de l'Agriculture, de l'Alimentation, des Tabacs et Ativités Annexes (FO) 7 passage Tenaille - 75680 Paris Cedex 14 Didier PIEUX |
| La Fédération Nationale Agroalimentaire (CGC Agro-alimentatire) 34 rue Salvador Allende - 92000 Nanterre Préfecture Gérard PERRIN | La Fédération CGT Commerce, Distribution et Service 263 rue de Paris - 93514 Montreuil Elisabeth CHARTIER
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